Quelles aides pour les parents d’enfant malade ? | la maison du cancer

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Après le choc de l’annonce, une question complexe se pose aux parents d’enfants malades : comment continuer à travailler tout en offrant présence et soutien quotidien à son enfant ? L’ Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP) permet de servir de relai à l’activité professionnelle. Voici quelques points de repères sur une aide souvent méconnue.

L’AJPP, qu’est-ce que c’est ?

Depuis 2006, l’Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP) est attribuée aux parents ou à toute personne qui assume la charge d’un enfant âgé de moins de 20 ans. Elle est versée sans conditions de ressources. L’allocataire perçoit, pour chaque jour de congé, une indemnité journalière dans la limite de 22 jours par mois. En dehors des salariés, les demandeurs d’emploi indemnisés par Pôle Emploi peuvent également bénéficier de cette allocation.

Quelles sont les formalités requises pour en bénéficier ?

Un certificat médical doit attester de la gravité de la maladie ainsi que du caractère indispensable d’une présence soutenue et de soins contraignants. Le médecin doit préciser la durée prévisible du traitement. Si, lors du réexamen, qui a lieu tous les 6 mois, le médecin constate que l’enfant est guéri ou que le traitement est achevé, le droit à l’allocation est suspendu mais il peut être réactivé en cas de rechute ou de récidive.

Quelles démarches faut-il accomplir?

Prévenez votre employeur 15 jours avant le début du congé par lettre AR et joignez à votre demande un certificat médical détaillé. Pour faire en sorte que l’aide soit versée au plus vite, préparez le dossier avec l’assistante sociale de l’établissement où l’enfant est soigné. Cela vous fera gagner un temps précieux.

Quel est le montant de cette allocation ?

Le montant de l’allocation s’élève à 41,79€ par jour pour un couple et 49,65€ par jour pour une personne seule. Cette indemnité est attribuée pour une période de 6 mois, renouvelable 3 ans maximum. « L’AJPP n’est pas une aide miraculeuse mais elle permet aux parents de garder un revenu raisonnable pour faire face le temps de l’hospitalisation de leur enfant », explique Catherine Vergely, présidente de l’UNAPECLE (1)

Est-ce que cela fonctionne ?

« Normalement, cette aide devrait être accordée un mois après le diagnostic, une fois le dossier transmis. En réalité, même si dans certaines CAF, cela se passe bien, il faut parfois attendre 3 ou 4 mois pour que les parents puissent en bénéficier. Cette allocation ne joue donc pas pleinement son rôle », souligne Catherine Vergely. Comme c’est souvent le cas dans les administrations, on assiste parfois à des situations ubuesques, voire dramatiques. « Je me rappelle le cas d’une famille où le délai d’attente était tellement long que les parents ont obtenu la réponse après le décès de l’enfant », s’insurge la présidente. « Nous n’arrivons pas à savoir où se situent les dysfonctionnements mais globalement, il y a un manque d’information que ce soit dans les CAF ou au niveau des employeurs », poursuit la présidente.

Quelles sont les autres solutions envisageables ? 

Le problème, c’est qu’en dehors de cette allocation, aucun autre dispositif n’a été mis en place pour permettre aux parents de diminuer, voire d’arrêter leur activité professionnelle pour être proches de leur enfant. Rappelons aussi que l’AJPP ne concerne pas les enfants malades âgés de plus de 20 ans : une réelle limite concernant ce dispositif car la présence des parents se révèle tout aussi importante quand le cancer frappe un jeune adulte.

Une fois soldés les congés et les RTT restantes, il ne reste souvent qu’une seule solution pour le parent salarié : se mettre en arrêt maladie, même si cette pratique reste inconfortable. Des situations si complexes que parfois, seul un élan de solidarité collective permet de trouver une issue, comme l’illustre ce bouleversant témoignage sur notre site où finalement, ce sont les collègues de travail qui ont généreusement offert leurs jours de congé pour permettre à ce père de famille d’être pleinement présent pour son enfant.

Nathalie FERRON

(1) UNAPECLE : Union Nationale des Parents d’Enfants atteints de Cancer ou de Leucémie.