Le Blog de Marina: Quand la mère veille | la maison du cancer

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Quand Marina est tombée malade, sa fille n’avait que quelques mois. Comment la maladie allait-elle affecter son enfant, s’est-elle demandée, tenaillée par l’angoisse et la culpabilité? Réponse, presque huit ans après, dans ce post plein d’humour.Quand la mère veille… car un enfant est toujours la merveille de sa môman.

Moi qui ait tant désespéré d’être à l’hôpital le premier noël de mon enfant, pour ses un an, absente de trop nombreux mois de sa vie aussi, je ne peux que me réjouir d’être là, ici et maintenant, vivante et près d’elle en ce jour de la fête des mères. Moi qui étais persuadée de ne pas voir ses un an, pensant ne pas la voir grandir.

Chaque année, je pense aux mamans malades qui, à cette date, font un stage à l’hôpital. C’est terrible d’être séparée de son enfant, de ne pas s’en occuper, de ne pas pouvoir le porter ni même lui dire « bonne nuit » en l’embrassant. Surtout si ledit enfant est aussi intelligent et beau que le mien, là, c’est très dur.

Alors cette année, c’est décidée, je veux prouver par quelques réflexions, quelques mots d’enfants justement, qu’un petit enfant qui a vécu, qui a grandi ses premières années avec sa mère qui a elle-même grandi ces années-là avec un cancer, peut être intelligent, en bonne santé mentale et plein d’humour. Et ça, comme dirait mon enfant, c’était pas gagné. Voici donc quelques réflexions spontanées de Mlle Do (je préserve son anynomat) car Do a 8 ans.

Je lui dis : « bon Do, il va falloir ranger ta chambre ».Mlle Do : « Mais maman, je ne suis pas Cendrillon ! » La mère : « justement, tu as cinq ans et demie, tu t’appelles Do et tu vas ranger ta chambre ». Mais la mère souffle fort comme le vent.

La mère, plus tard, veut toujours que son enfant range sa chambre : « Mais comment tu vas faire quand je ne serais plus là ? Quand tu seras grande et que tu auras un appartement ? » Mlle Do : « Mais maman, j’aurais un mari ! » La mère qui craque : « et alors ? »Mlle Do : « Il va m’aider maman ! ». La mère tombe par terre et se dit qu’elle a vraiment raté l’éducation de son enfant âgée de 6 ans alors, elle culpabilise forcément : « Ecoute, la vérité, c’est qu’un mari, ça n’aide pas sa femme, il faut que je te le dise, en général, c’est un boulet : un mari, ça joue aussi, tu sais ! Comme les enfants ! Et que ça commande une console à Noel, ça joue avec son Iphone ou au PMU ». Mlle Do : « c’est vrai, maman ? »La mère désolée : « voyons, Do, tu sais très bien que je dis toujours la vérité ! Tu crois toujours au père noël au fait ? »

Plouf,plouf, deux ans passent et la mère légèrement obsessionnelle et rigide veut toujours que son enfant range sa chambre :« Bon, là, je viens de voir ta chambre, ce n’est plus possible, je te préviens (A éviter la menace), je ne veux plus voir ta chambre dans un désordre pareil ». Mlle Do : « Bah, tu n’as qu’à pas la regarder ! ».

Là, j’avoue que Mlle Do a appris à 8 ans le sens du mot « effrontée » en plusieurs langues en même temps. Cette enfant a de l’humour et c’est bien sauf quand c’est à mes dépens comme il y a 15 jours devant toute ma famille : « tu sais maman, ton permis de conduire, il va falloir que tu le passes, parce que je ne vais pas le faire à ta place ».

La mère qui pleure…de rire répond : « tu as raison, car c’est 18 ans la majorité, là à 8 ans, tu ne peux pas passer ton permis, c’est bien fait pour toi ! En attendant Do…au lieu de dire des bêtises, et si tu allais ranger ta chambre pour une fois ?! ».

Ce que j’ai préféré en dehors du jour où Do m’a dit que j’étais une maman 1000 étoiles comme pour les hôtels…c’est le jour où elle m’a dit que je lui avais transmis le sens de l’humour. J’ai trouvé ça chouette surtout que niveau transmission, ça va être compliqué quand on est juste un peu grillé coté banques et assurances. C’est bien Do, développe ton sens de l’humour, l’humour est protecteur comme l’écrit Boris Cyrulnik (1) , pour moi l’humour est une forme d’intelligence, ça tombe bien, j’ai beaucoup d’humour.

Bonne fête à toutes les mamans.

Marina.

Retrouvez le blog de Marina.

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(1) A lire « Autobiographie d’un épouvantail » : très beau texte encore sur la résilience.

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